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30/07/2013

Ces femmes qui (ont fait) et font l'Europe (7) : Madame DE STAËL (1766-1817), une européenne avant l’heure

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Madame DE STAËL (1766-1817), une européenne avant l’heure

Par Jacky MORELLE (email)

Madame de STAËL, l’une des plus grandes écrivaines d’un temps qui en comptait peu, était la fille du célèbre banquier genevois, Jacques Necker, dernier grand ministre de Louis XVI et de Suzanne Curchod, Vaudoise, femme d’une grande culture qui tint l’un des derniers salons littéraires parisiens d’avant la Révolution. Germaine Necker est née le 22 avril 1766 dans le magnifique hôtel d’Hallwyll,  28 rue Michel Lecomte Paris 3ème. En tant qu’ « amoureuse » du Marais, je ne peux m’empêcher de décrire très brièvement ce merveilleux hôtel qui mérite le détour. En 1766-1767, les Hallwyll vont embellir l’ancien hôtel, conservé, par l’architecte Claude Nicolas Ledoux, alors jeune et peu connu. La façade sur rue avec un portail encadré de deux colonnes doriques cannelées est un chef-d’œuvre. Ledoux a su créer une impression de majesté dans une parcelle relativement étroite. Des hôtels construits à Paris par Claude Ledoux, l'hôtel Hallwyll est le seul à ne pas avoir été détruit.

Madame DE STAËL.jpgMais revenons à Germaine Necker. La salle de jeu de la petite fille, c’était le salon de sa mère. Cette dernière considérait qu'il fallait exercer l'intelligence par un afflux précoce d'idées. Enfant prodige, Germaine composa à onze ans des Eloges. La jeune fille grandit en conversant avec les derniers encyclopédistes, avec les célébrités littéraires, avec les représentants de l’aristocratie et de la politique. Dans le salon cosmopolite et lettré de ses parents, elle a rencontré des émissaires du monde allemand : Grimm et Meister. Adolescente, elle s’enflamma pour Werther comme la plupart de ses contemporains qui ne connaissaient pas grand-chose d’autre de l’Allemagne. Ce fut cet éveil intellectuel qui conduisit Madame de Staël à écrire plus tard son livre De l’Allemagne. Madame de Staël forma son esprit dans le salon de sa mère, par la conversation des Philosophes, mais elle avait  la sensibilité trop vive pour ne pas se détacher du culte de la raison et de ne pas chercher dans les littératures étrangères des modèles plus conformes à sa nature : « …En lisant les écrits d’une nation dont la manière de voir et de sentir diffère beaucoup de celle des Français, l’esprit est excité par des combinaisons nouvelles, l’imagination est animée par les hardiesses même qu’elle condamne ». (préface de Delphine).

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23/07/2013

Ces femmes qui font l'Europe (6) : Julia Kristeva, Pulsions du temps

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Ces alphabets qui font l’Europe : digression rêveuse à la suite de « Mon alphabet » dans Pulsions du temps, Julia Kristeva (éd Fayard, mai 2013)

par Françoise NEVEU (email)

220px-Julia_Kristeva_à_Paris_en_2008.jpgDans « Pulsions du temps », la sémiologue et psychanalyste Julia Kristeva (photo) fait battre le temps en des moments, quotidiens, culturels, de soi, des autres, scientifiques, de personnes, philosophes, écrivains. Ces battements du temps parcourent le livre et donnent au temps comme un bruit, régulier, scandé, qui revient,  et son existence au cœur. Donc aussi ses pulsions.

Dès le début, on se retrouve avec « Mon alphabet » dans une fête annuelle de la Bulgarie, qui est la Fête de l’alphabet. L’alphabet ici est cyrillique.

On réalise à cette occasion pour de bon, même si on le savait déjà, ah mais oui c’est vrai, que d’autres pays, en Europe, contenus pourtant dans cette entité commune, disposent effectivement d’alphabets différents les uns des autres, les autres du nôtre, le nôtre des uns.

En Bulgarie, durant cette fête, la communion avec cet alphabet, et donc avec la question de la lettre, apparait telle dans ce qu’on peut en lire qu’elle met aussi tous les sens en alerte et exacerbe  des effets qu’un alphabet inscrit dans une âme. Ce faisant, on assiste à ce qu’un changement d’alphabet en même temps qu’un passage de frontière peut induire, ébranler, tutoyer, questionner, mettre en doute, dans les habitudes d’une personne et son habitus, même, sa manière d’être au monde. Lorsqu’elle est amenée à passer des frontières, même en Europe et peut-être surtout en Europe où celles-ci n’existent plus sur le terrain de la géographie, les frontières demeurent, loin, à l’intérieur des pays, par la langue. Elles en sont peut-être de ce fait d’autant plus voyantes, effectives, provoquant, sollicitant, focalisant, synthétisant, ce qui veut l’être de cette frange qu’est le langage entre soi et l’autre, entre l’ici et l’ailleurs, entre le maintenant et l’avant et l’après du temps .

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22/07/2013

Compte-rendu du Café de Flore de Femmes 3000 du 5 juin 2012 : Invitée : Faroudja AMAZIT ou « Le vent de la liberté souffle où il veut »

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«  Mes larmes invisibles m’ont donné la force de dire oui à cette liberté » Faroudja Amazit

 « J’entends m’adresser aux femmes de toutes les cultures – car la souffrance n’a pas de couleur – et tout particulièrement aux femmes musulmanes, afin d’éveiller leur conscience et de leur permettre de ne plus avoir peur d’être ‘des femmes visibles’ » précise Faroudja Amazit en avant-propos aux « Larmes invisibles[1] », ce récit de sa vie  qu’il lui a été nécessaire de coucher sur le papier. Ce message ne pouvait laisser indifférente Femmes 3000 dont l’objectif est justement d’œuvrer à favoriser la visibilité des femmes dans notre société. C’est ce qu’a pensé, en lisant ces lignes,  Chantal Desbordes qui a souhaité aussitôt inviter cette jeune femme à un des mardis du Café de Flore de Femmes 3000

Et Faroudja Amazit est venue, acceptant  volontiers de répondre aux questions de Chantal Desbordes. D’emblée, cette jeune quadragénaire séduit par la vigueur de son allure, la franchise de son regard, la spontanéité de son sourire. Tout dans son maintien affirme la satisfaction d’être ce qu’elle est, là où elle est. L’expression de « beauté épanouie » lui convient parfaitement. Si j’insiste ainsi sur l’atmosphère qui émane de Faroudja Amazit, c’est parce que son passé aurait pu la détruire. Il a fallu qu’elle ait en elle, un solide appétit de vivre pour espérer en l’avenir envers et contre tout ! Écoutez plutôt :

Compte-rendu rédigé par Monique RAIKOVIC

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